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C’est depuis sa belle ville d’Annecy, où elle réside que Janine Malaval, nous a éclairés sur sa pratique d’écrivaine et la genèse de sa nouvelle L’ennui porte conseil, avec laquelle elle a remporté la huitième édition du Concours de nouvelles de VIVA!

« D’où est née l’idée de votre nouvelle ?

J’habite à Annecy, dans un quartier tranquille. Pas très loin de chez moi il y a des commerces. Notamment un où depuis des années le rideau de la devanture est tiré. Avant, à cet endroit, il y avait un tailleur. Il a fermé il y a une trentaine d’années et je me suis souvent demandé ce qui se passait depuis derrière ce rideau. J'avais mon point de départ. L’imagination a fait le reste.

 

Comment construisez vous vos textes ?

En règle générale, lorsque j’écris je sais où je vais. Je pars d’une structure classique début-milieu-fin qui peut se résumer en trois, quatre lignes. C’est l’ossature de mon récit. Après, je développe.

 

Depuis quand écrivez-vous ?

J’ai toujours aimé l’écriture, mais c’est un hobby auquel je peux consacrer plus de temps depuis une petite dizaine d’années, depuis que je suis retraitée.

 

Participez vous régulièrement à des concours ?

Oui, j’ai l’habitude de faire des concours. Je regarde sur internet les sites qui les référencient. Si le thème du concours me parle, alors je me lance. C’est ce que j’ai fait pour celui de VIVA!. Du reste, j’ai déjà participé à votre concours par le passé. Vous donnez des nouvelles de l’avancement du travail du jury et c’est appréciable. Tous les concours ne le font pas. Il arrive qu’on adresse notre texte et puis…plus rien. On ne sait pas si le concours est terminé, si notre texte a franchi certaines étapes ou non. On reste dans le flou, c’est dommage.

 

Lorsqu’on adresse son texte à un concours, est-ce toujours l’envie de gagner qui prédomine ?

J’ai déjà remporté des concours et c’est vrai que c’est valorisant, qu’on y prend goût. Pour autant, je participe avant tout pour le plaisir. Mais j'ai le sentiment que depuis quelques années la concurrence est plus rude. A lire certains textes vainqueurs, je me dis que le niveau a vraiment évolué.

 

Ecrivez-vous d’une traite ?

Je n’écris pas d’une traite à proprement parler. Je m’y mets un peu tous les jours, lorsque j’ai le temps. En revanche, je ne fais qu’une version. Après quoi je me relis, je corrige. Mais les modifications apportées à mon texte relèvent davantage de la forme que du fond. Certains mots en remplacent d’autres, mais l’histoire, elle, demeure la même.

 

Travaillez-vous sur plusieurs projets en même temps ?

Je peux avoir plusieurs projets en cours, mais je ne les ouvre pas tous en même temps. Si j’entreprends d’écrire une nouvelle qui réponde à un concours, je m’attèle entièrement à cette tâche. Après quoi je m’intéresse à un autre concours. En fait, c’est la date d’envoi des textes qui me guide. Je me lance sur un nouveau texte une fois que le précédent est terminé.

 

Cette année, notre concours se limitait à des textes de  huit mille signes, espaces typographiques comprises. Le fait d’imposer un nombre maximum de signes représente-t-il un obstacle particulier pour vous ?

C’est une contrainte que je comprends, à laquelle je me suis habituée. C’est vrai qu’au début j’avais tendance à écrire plus long que permis par l'organisateur. J’étais alors obligée de raccourcir mon texte pour respecter le nombre de signes à ne pas dépasser. On n’aime pas trop ça. Avec le temps, l’expérience, on se rend compte que finalement ce qu’on a coupé n’était pas si vital pour l’histoire. On élague et voilà.

 

Comment s’organise une séance d’écriture chez vous ?

Je n’ai pas de rituel particulier, de plages horaires d’écriture. J’écris quand ça me vient. J’apprécie de ne pas être dérangée quand j’écris, mais comme beaucoup je pense. Sinon, j’écris vraiment quand ça me vient.

 

Ecrivez-vous sur papiers, sur cahiers, sur écran ?

J’écris directement sur ordinateur. Sans conserver trace des éventuelles modifications. Une fois qu’un mot a pris la place d’un autre, le précédent est oublié.

 

Avez-vous des thèmes d’écriture favoris ?

J’aime traiter des personnages historiques. Parfois les thèmes proposés sont larges et facilitent cela. Ou encore, certains sujets imposent que l’action se passe à un endroit très précis, d’une commune, d’un village, d’un lieu, à une époque précise elle aussi. Alors je me renseigne sur le lieu, l’époque, je fais des recherches et j’essaie de générer une histoire qui répond à cet endroit dans lequel je n’ai peut-être jamais mis les pieds et à une époque que je n’ai peut-être pas connue. Je tente d’écrire une histoire avec une connotation historique. Ca me fait découvrir des choses, c’est très enrichissant et ça m’est agréable à composer.

 

Quel type de lectrice êtes-vous, quels sont vos goûts littéraires ?

Je lis un peu de tout. Comme beaucoup j’ai un faible pour les thrillers psychologiques (il y en des allemands que j’apprécie particulièrement) mais je peux également me plonger dans des romans. Là je vais entrer dans un livre d’Isabel Allende*.

J’aime lire des romans historiques, mais en ce qui concerne mon écriture, je reste sur la nouvelle. C’est un format qui me convient ».

 

Propos recueillis par Eric Lemaire.

 

*romancière et journaliste chilienne.

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